1: 1945 :  Naissance officielle des FOYERS RURAUX.

2: 1947 : Pourquoi un FOYER RURAL à Saint Paul de Fenouillet ? 

 

1: 1945 :  Naissance officielle des FOYERS RURAUX.

Du Front Populaire à la Libération.

Issus du Front Populaire, des foyers paysans se mettent en place dans la France rurale avec les mêmes objectifs – la laïcité en plus – que les Jeunesses Agricoles Chrétiennes (JAC) : former l’élite du monde rural de demain en assurant aux jeunes paysans une formation technique, humaine et sociale. 

Le « foyer paysan de culture et d’émancipation intellectuelle » de Saint-Jean-du-Doigt est créé par un jeune paysan du Finistère, membre de la Confédération Nationale des Paysans, (émanation syndical de la SFIO), François Tanguy-Prigent.

             

François Tanguy-Prigent : Paysan ministre.
Né le 11 octobre 1909 à Saint-Jean-du-Doigt.
Plus jeune député du Front Populaire en 1936.
En 1944, ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement du Général de Gaulle.
Décédé le 20 janvier 1970 à Morlaix.
 

Au lendemain de la guerre, le gouvernement de la République s’attache à la reconstitution du pays : outre les missions primordiales de modernisation de l’agriculture, François Tanguy-Prigent s’emploie à l’accompagnement culturel de la reconstruction et à l’émancipation de la tutelle religieuse des campagnes, en aidant au développement des syndicats, des coopératives et des foyers ruraux.

Aux foyers ruraux, les fondateurs du mouvement assignent une mission quasi révolutionnaire, clairement anti-réactionnaire.

    

                                                 

Inauguration des premiers Foyers ruraux en présence de Madame Yvonne Fournoux,
Secrétaire de la Commission Interministérielle des Foyers Ruraux

Quelques extraits de l’un des manifestes :

«…. Pourtant Vichy, lançant à grand bruit la formule de l’Education générale, embrigadait la jeunesse, créait des Maisons de la Jeunesse, un commissariat de la Jeunesse, essayait d’engager les jeunes dans ce qu’on appelait « Révolution Nationale ». Chacun sait qu’il ne s’agissait pas de les préparer à devenir des hommes conscients et libres, mais de les apprendre à marcher au pas en chantant « Maréchal, nous voilà ! », de leur apprendre à penser aux ordres, à obéir au commandement….

…. Nous ne renoncerons pas, disons-le bien haut !

Nous appellerons sans trêve tous les esprits soucieux du progrès social à S’UNIR pour réaliser enfin la libération totale dont la libération des territoires n’est qu’une étape…

…. Nous chercherons à faire vivre l’esprit en arrachant les hommes, les femmes, les jeunes de nos campagnes au sentiment d’isolement qui les amènent à rêver de la vie des villes. Nous édifierons des Foyers Ruraux où tous ceux qui aspirent à une vie complète trouveront des moyens d’épanouissement. (…) 

Le 13 septembre 1945, les ministères de l’Agriculture et de l’Education Nationale officialisent l’existence des FOYERS RURAUX. 

Sont présents sur cette photo : M. François Tanguy-Prigent (celui qui discourt, à gauche) ; Mme Fournout, secrétaire de la Commission Interministérielle des Foyers Ruraux (la dame au chapeau sur la droite) ; M. Joseph Calvet, maire de St Paul, 6° personne à gauche). 

Le 17 mai 1946, au château de Sceaux, une Assemblée Générale vote les statuts et élit le conseil d’administration de la Fédération Nationale des Foyers Ruraux (FNFR). 

La FNFR entre alors à la Confédération générale des œuvres laïques, en gardant son autonomie juridique, et bénéficie de postes d’instituteurs détachés et des services des Fédérations des œuvres laïques…

L’aventure des FOYERS RURAUX peut commencer !...

 

2: 1947 : Pourquoi un FOYER RURAL à Saint Paul de Fenouillet ? 

Jusqu’à l’après-guerre de 39/45, l’animation sociale, culturelle et sportive de la commune de Saint Paul était assurée par un certain nombre d’associations autonomes : Anciens combattants, Anciens prisonniers de guerre, S.T.O., Bouling Club St Paulais, Société Coopérative vinicole, C.G.A, Coopérative des mineurs, Echo de l’Agly, Harmonie Ste Cécile, S.P.A.C. 

Sont apparus, progressivement, des problèmes de capacité de salles de réunions ou de spectacles, assumés par le Centro espagnol, la salle Coll ou les divers cafés de la ville.

Ces espaces privés devinrent peu à peu inadaptés à l’évolution des animations proposées, en plus, également, de quelques malentendus et refus de location à certaines sociétés…

D’où la recherche de solutions publiques à ces problèmes. 

Le 15 janvier 1947, M. Calvet, maire, propose une réunion en mairie pour débattre de ces problèmes avec les responsables des diverses associations de la ville.

Le 21 janvier, le Conseil Municipal délibère et vote à l’unanimité des présents la construction du FOYER RURAL et la création de la Société Coopérative : « Le Foyer Rural » pour l’administrer. 


Une longue liste de souscriptions de parts sociales, soit individuelles, soit associatives, va se créer: 134 parts de mille francs forment le capital social de la coopérative du Foyer Rural:

        

M. Joseph CALVET, Maire de Saint Paul, (à gauche, avec l'écharpe blanche) est présent aux premières réunions de création de la Fédération des Foyers Ruraux au Ministère de l’Agriculture : c’était, sans doute, la meilleure des façons de défendre efficacement un dossier local de cette importance…  On retrouve Madame Fournoux au centre:

Le premier Conseil d’Administration opérationnel de la  Coopérative du FOYER RURAL:

Dans le premier Conseil d'Administration sont représentés, entre autres: le SPAC, le Bouling Club, la Coopérative des Mineurs, les Prisonniers de Guerre, les Anciens Combattants, le STO, l'Orphéon, une institutrice, un camionneur, deux cultivateurs, la Cave Coopérative Vinicole, ...

Les statuts:

Le financement:
               


Des plans de la  construction envisagée par M. Prudhomme, architecte:


Pendant la construction (1947/1949)

Un des échafaudages:


La charpente:
 

La salle de bal:


Une équipe pendant la pause:


La belle façade du Foyer Rural avec, au centre de la place, l’horloge en fer forgé:


Photo de profil:

Dès son ouverture, en 1949, le Foyer rural recevait dans ses murs les diverses associations qui y organisaient leurs animations, assurait la gestion d’un bar, mis en gérance, et le fonctionnement d’un cinéma, très prisé dans le canton.

De nombreux spectacles étaient proposés dans la salle de 900 places (balcon compris) : théâtre, revues, concerts, galas, chanteurs de renom, tandis que la salle de bal faisait le plein les jours de fête, de rifle ou de mariages…

Le Foyer était devenu le centre de toutes les animations culturelles, festives, sportives, politiques.

Un centre de consultations médicales accueillait les écoliers, les travailleurs, les nourrissons…

 

En 1996, la dissolution de la Coopérative du Foyer Rural a redonné à la commune de St Paul la gestion intégrale de l’établissement où les associations actuelles retrouvent volontiers leurs marques.

Le cinéma qui a fonctionné sans interruption depuis 1949 (sauf période de rénovation de la salle ) continue sous la houlette de Cinémaginaire, à offrir aux amateurs de grand écran plusieurs séances hebdomadaires en version numérisée. 

La salle de spectacles: