Les stucs du Chapitre.

      La chapelle et l'ensemble du chapitre ont été richement décorés par des stucs, ou gypseries, sculptés dans du plâtre fabriqué à partir du gypse issu des carrières locales.

                       

 

 

Les graffitis du Chapitre.

Quelques repères historiques :

  • Xème siècle : En 906, cet établissement est une dépendance bénédictine du monastère de Joucou en pays de Sault.

  • XIIIème siècle : La ville de Saint Paul de Fenouillet appartient au Roi de France Saint-Louis, elle est administrée par le sénéchal de Carcassonne.

  • XIVème siècle : L’abbaye, rattachée au Diocèse d’Alet, est élevée au rang de collégiale par le pape Jean XXII. L’église est agrandie.

  • XVIIème siècle : Transformation et embellissement de l’église, construction du dôme, décor sculpté intérieur, gypseries effectuées avant 1663 par M Sabatier sculpteur à Montpellier.

  • XVIIIème siècle : 1748 consolidation des maçonneries du choeur d’après les plans de M Nicolas Marcilly (BN cote 23.038 feuillet 15).

  • 1792 : vente de l’abbaye comme bien national.

  • 1989 : classement parmi les Monuments Historiques

     

     Les plâtres de la chapelle recèlent plusieurs types de surcharges : des sculptures au couteau reprenant ou complétant les motifs originaux, de très nombreux graffitis, surtout patronymes, quelquefois datés, des dessins géométriques (rosace) ou figuratifs. Toutes ces traces furent relevées par précaution sur film plastique et photographiés par l’association archéologique du Fenouillèdes (FORUM) alors que la restauration du monument était en cours. Les travaux de révision de la toiture ont également permis de découvrir une tuile gravée d’un texte en occitan.

    Une partie des graffitis est à mettre au compte de l’occupation monastique, en particulier ceux effectués par des prébendiers et datés de 1632 au moment de la transformation de l’édifice et de la réalisation des décors en stucs. D’autres expriment un mécontentement de la population (tuile gravée) ou encore, après la Révolution, témoignent d'un art populaire naïf.

 

Les moines occupent le Chapitre :

      Ces graffitis effectués par des prébendiers (prébende : revenu attaché à un titre  ecclésiastique) datés de 1632 peuvent être mis en parallèle avec « trois quittances avec un compte attesté du sieur Sabatier, sculpteur à Montpellier, pour servir au paiement des travaux qu’il a fait au Chapitre de Saint Paul » texte associé à un acte de compromis passé le 20 septembre 1663. ( inventaire des biens du Chapitre par Mme Carbonnell Lamothe). Ils sont donc contemporains de l’époque de la transformation et embellissement de l’église et en particulier de la réalisation des décors en stucs.

 

Les paroissiens sont mécontents :

       En 1964, à l’occasion de travaux de révision de toiture, une tuile gravée est découverte sur la faîtière; on peut la voir aujourd'hui au musée du chapitre.

Texte en occitan : 

perque nou pagoum pas taille les ribaus das capeillas tapla dormoum an las fennos commo pauris parrouquias   Le 10 de may ses fayt 1674
 

Traduction :

 pourquoi les « ribauds » de moines ne payent-ils pas d’impôts ? Ils dorment aussi avec les femmes comme de pauvres paroissiens. Fait le 10 mai 1674 

     Ceci nous amène à formuler quelques suggestions.

    Au XVIIème siècle, peu de gens du peuple savent écrire. De plus, ce texte présente une syntaxe relativement correcte. Son réalisateur possède donc un bon niveau d’instruction. Gravé avant cuisson, plusieurs personnes en ont eu connaissance avant la pose de la tuile sur le toit. Alors, acte gratuit ou reflet  d’un sentiment de lassitude ?

    Nous mettrons ce graffitis en parallèle avec des extraits du « Guide Historique et Pittoresque des P-O » de M Pierre Vidal, sous bibliothécaire de la ville de Perpignan, 1879. 

     Dans son écrit, M Vidal se réfère à un ouvrage de 1739 « Vie de Monseigneur Pavillon » sans nom d’auteur.

« Pas plus que les moines de l’ancienne abbaye, les chanoines du Chapitre ne brillaient en général par la pureté de leurs moeurs. Nicolas Pavillon, qui occupa le siège épiscopal d’Alet pendant une grande partie du XVIIème siècle eut toutes les peines du monde à maintenir le bon ordre parmi eux.

C’est ainsi que pendant un séjour qu’il fit à Saint Paul, il se vit obligé de faire arrêter un des chanoines qui, au vu et au su de tout le monde, avait des fréquentations scandaleuses avec une femme dont le mari s’était, pour cette raison, retiré à Carcassonne, lieu de sa naissance . . . « 

 

Les Saint Paulais s’approprient le Chapitre :

      En 1792, le Chapitre est vendu comme bien national. La population peut entrer dans le bâtiment y compris dans le choeur de l’église. Un grand nombre de graffitis couvrant tous les mur de la chapelle doivent dater de cette époque. Signatures, dessins géométriques, expression populaire comme « l’homme enceint », très peu sont datés. Nous relèverons celui de Antoinne Guerain 1793.

 

Références :

- M A Bayrou : Fenouillèdes, diocèse d’Alet (1980) 

- M L Bayrou : Recherches sur le Chapitre 

- Mme Carbonell-Lamothe : Inventaire des biens du Chapitre de Saint Paul 

- M Pierre Vidal : Guide Historique et Pittoresque des P-O (1879) 

- Archives des P-O : archives communales de Saint Paul  de Fenouillet 

- Bibliothèque Nationale : dessin de M Nicolas Marcilly (plan du Chapitre en 1748)

la tuile

 

                 

      l'homme enceint                                                              prébandier deivise                                                                

 

Le Chapitre abrite un musée d'arts et traditions populaires, ainsi qu'une présentation de la région, et d'artistes locaux :