Les remparts.

 

 

 

La villa Monédaria Monisat du 9° siècle a grandi aux portes du Monastère Sant Pau ; elle en a pris le nom.

Elle s’est transformée en une cité disposant d’une certaine marge de gestion administrative, les consuls et leur conseil réglant les affaires civiles.

Le monastère et les quartiers habités, jusqu’à la butte Saint Pierre ont été réunis à l’intérieur des mêmes murailles, par l’accord signé en 1175  par Arnaud, vicomte de Fenolhet et Pierre Amelin, abbé d’Alet. Le document a été signé au château du Vivier où les seigneurs du voisinage ont été requis en qualité de témoins.

Zone de passage pour la soldatesque de monarques en proie à des querelles dynastiques, le Fenouillèdes subit de terribles années : la poudre à canon résonne souvent sur ces terres sinistrées à maintes reprises.

Les remparts existants paraissent insuffisants à protéger efficacement la petite cité.

Des fortifications sont décidées, en 1346, par Philippe IV (le Bel) : douze années de travaux sont nécessaires pendant lesquelles une offensive de peste fait douze morts en 1348. Les pestiférés survivants sont relégués à l’écart de la cité (la butte du Pech).

En cette période d’activité intense, forestiers, charpentiers, tailleurs de pierre, maçons, sont affectés au gros œuvre, avec des renforts venus des villages voisins.

L’ensemble prend la forme ovale, encore repérable de nos jours, par le boulevard de l’Agly,

La place du Planhol, la Carreyrade, la rue du Théâtre, avec de larges fossés de protection.

Quatre tours rondes flanquent les remparts ; la dernière, achevée en 1358. Le mur d’enceinte est percé de meurtrières (certaines encore visibles sur l’église Saint Pierre, partie prenante des fortifications).

Quatre portes assurent les communications avec l’extérieur : place du Chapitre, chevet de l’église, place du Terrier (Florentin Pla), place du Planhol (de la République).

 

1536 : Le Roussillon et le Languedoc sont l’objet d’une attaque espagnole suite à un différend avec la France qui provoque la colère de Charles Quint. Saint-Paul est brûlée en partie et soumise à la rapine, en proie aux pillards et gens de sac et de corde qui profitent des circonstances tragiques. Nombre de maisons et le Chapitre sont endommagés. Ce dernier est d’ailleurs déchargé d’impositions suite à ces incendies et pillages.

Un répit des hostilités permet à Saint Paul de réparer ses murailles.

1542 : Des troupes de Charles Quint ont envahi la Salanque et investi Perpignan menacées par les Français. La plaine du Roussillon est ravagée. Saint Paul, à son tour menacée, résiste un temps, défendue par le Capitaine d’armes Pomera, sommé de rendre les armes. Devant son refus, s’estimant protégé derrière ses épais remparts, les troupes catalano-aragonaises passent à l’assaut. La ville est prise. Les habitants récalcitrants sont exécutés, les prisonniers enchaînés sont amenés au loin. La soldatesque s’acharne sur l’église paroissiale…

1640 : Les Français dans un projet d’annexion du Roussillon à leur portée,, Louis XIII est proclamé Comte de Barcelone, de Roussillon et de Cerdagne.

Les troupes françaises stationnent longuement en Fenouillèdes, bafouent les privilèges accordés à la ville, commettent des dégâts (1653)

La signature du Traité des Pyrénées en 1659 établit une paix fragile et lourde de rancunes
Le Roussillon et 33 localités de Cerdagne deviennent français.

La terre de Fenouillèdes cesse de faire office de frontière entre deux royaumes rivaux.
Châteaux et fortifications seront progressivement abandonnés pour se transformer en squelettes de pierres.

source: Saint Paul et les Fenouillèdes, Geneviève GAVIGNAUD FONTAINE