PRESENTATION DE L'AGLY: VOIR PAGE LA BOUTE
(parcours historique dans Saint Paul)

GEOLOGIE DU CHAINON DE GALAMUS

Pendant l’ère secondaire, - 245 à – 65 millions d’années, des sédiments, provenant essentiellement de l’érosion du massif hercynien, vont se déposer dans une mer séparant l’actuelle Péninsule Ibérique et l’Europe.
Les mouvements tectoniques rapprochent progressivement les deux blocs. La fermeture de la mer (entre – 80 et -70 millions d’années) sera suivie par une collision entre les deux masses continentales.
Tous les sédiments accumulés au fond de la mer vont être remaniés et produire des roches qui par soulèvement vont constituer la chaîne pyrénéenne.
La zone de collision de ces deux plaques tectoniques se situe, dans notre région, au nord de Galamus, c’est le front nord pyrénéen.
Les roches du chaînon de Galamus sont issues des sédiments déposés dans la mer qui séparait le bloc ibérique de l’eurasie. Ces dépôts se sont produits, à l’ère secondaire, pendant le jurassique et le crétacé, (entre – 205 et – 65 millions d’années). De nombreux fossiles attestent de l’origine marine de ces roches sédimentaires.

les forces tectoniques ont soulevé et plissé les couches sédimentaires:

L’ére secondaire (mézozoïque) est constituée de trois étages : le crétacé : - 135 à  - 65 millions d’années, le jurassique : de - 205 à  -135 millions d’années, le trias : de  - 245 à - 205 millions d’années.


Le creusement des gorges de Galamus :

Toute l'eau apportée par les fleuves s'y jetant: Nil, Ebre, Rhône, Pô (et Agly) ne compense pas l’évaporation permanente de l’eau de mer dans le bassin méditerranéen. Ce bilan négatif est compensé par un apport en eau provenant de l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar.

Il y a 5,96 millions d’années commence un assèchement progressif de la Méditerranée. Cet épisode (la crise géologique Messinienne) a duré 630 000 ans environ (de 5,96 à 5,33 millions d’années). Il serait dû à un phénomène tectonique provoquant la fermeture des passages entre Atlantique et Méditerranée. Ceci empêcha l’apport d’eau océanique et conduisit à une baisse du niveau marin de l’ordre de 1500 mètres à 2000 mètres (environ).

Le massif de Galamus qui culmine, aujourd’hui, à 964 mètres à La Quille (au-dessus du Pla de Saint-Paul) s’est donc retrouvé à une altitude de 2500 mètres (environ). Les fleuves du bassin méditerranéen creusent alors des vallées de plusieurs centaines de mètres de profondeur, vallées aujourd’hui comblées par des sédiments. Ainsi, une vallée fossile de 700 mètres de profondeur se trouve sous la vallée actuelle du Rhône et se prolonge de 300 kilomètres au nord de Lyon. De même la formation de systèmes hydrologiques souterrains alimentés en eau douce va se développer. Fon Estramar en est un exemple. Cette cavité se prolonge aujourd’hui à moins 308 mètres sous le niveau de l’étang de Salses. Cet épisode Messinien peut expliquer la formation des gorges de Galamus et la grande profondeur de ce site exceptionnel.

La remise en eau se fit de manière brutale. En quelques milliers d’années la mer Méditerranée a été à nouveau remplie, le débit dans le détroit de Gibraltar étant alors mille fois supérieur à celui de l’Amazone.

 

La Tirounère: rivière souterraine

La source de la Tirounère émerge dans le lit de l’Agly en rive droite à la sortie des gorges de Galamus.

Son réseau se développe dans les formations calcaires qui forment le flanc nord du synclinal de Saint-Paul de Fenouillet. Le bassin d’alimentation de la Tirounère a été estimé à 50 Km2. Le volume d’eau est de l’ordre de 11 millions de mètres cubes ce qui est important. Son débit moyen est de 1200 litres par secondes. Tout le massif des Fanges et du Roc Paradet est impliqué dans l’alimentation de cette résurgence. Ce bassin d’alimentation est principalement occupé par des forêts et des bois. La réponse aux pluies importantes est de l’ordre de deux jours et dure environ dix jours.

Saint-Paul de Fenouillet est alimenté en eau potable par cette rivière souterraine. Ce sont des eaux sulfatées/calciques. Le village prélève environ 200 000 m3 par an dans ce réseau.

René de Joly

Né à Paris le 5 juillet 1887 et mort à Montpellier le 11 novembre 1968, cet ingénieur électricien, président de la Société spéléologique de France (SSF), inventeur entre autres des échelles souples métalliques utilisées en spéléo participe à de nombreuses explorations. Le 17 mars 1934 il est à Saint-Paul de Fenouillet dans la Tirounère et en réalise le plan. Cet aven a permis d'accéder au lac souterrain.

 

En 1951, la construction d’un barrage sur l’Agly au lieu-dit « La Tirounère » est réalisée afin d’élever le niveau de l’eau. Ceci va permettre à l’eau puisée dans la rivière souterraine d’arriver à Saint-Paul de Fenouillet par gravité. Une station de pompage située derrière l’école maternelle relève l’eau jusqu’au château d’eau. La conduite amenant l’eau au village, appelée « la gravitaire » est aujourd’hui abandonnée. L’aven a été sécurisé, son accès protégé. Un pompage a lieu sur le site et une nouvelle conduite d’eau a été installée.  

 


La Tirounère, le refuge

A l’initiative du Club Spéléo Saint-Paulais un refuge est construit à la Tirounère. Le dimanche, les membres du club se transformaient en maçons sous la direction de Max Buron, président du club. Ils construisirent le rez-de-chaussée qui devait servir de base pour les spéléos qui effectuaient de la prospection sur le secteur de Galamus.

Après la dissolution du club, monsieur Louis Cortes (père) reprend le chantier et surélève le bâtiment d’un étage. Le refuge devenait alors une halte pour les randonneurs qui parcouraient le GR.
Ce chemin de randonnée venait de Peyrepertuses et Galamus et, après la traversée de l’Agly au niveau de la Tirounère se poursuivait vers Prugnanes via le Col de Lenti.

Comment traverser l’Agly ?
Monsieur Cortes entreprit alors la construction d’une passerelle (1980 environ) puis suréleva l’ouvrage vers 1990. Elle fut emportée lors de la grande crue de 2014.

Un nouveau projet fut proposé par les services départementaux. Ceci conduisit à la mise en place de l’ouvrage actuel.

NB : le refuge de la Tirounère fut déclassé avec interdiction d’hébergement de nuit car il présentait des risques d’inondation !