Le masif de la Tarière

Il s’agit d’un karst situé entre le ravin de La Coume de Tiols et La Coume del LLauret, à la sortie des gorges de Galamus.

La source pérenne de la Tirounère est un élément hydrologique essentiel de ce massif. Au fond d’un aven de trente mètres se trouve un lac communiquant avec l’Agly par un siphon de quatre-vingts mètres de longueur. La ville de Saint-Paul de Fenouillet s’alimente en eau potable dans ce réseau.

L’exploration systématique de ce massif par les membres de l’Association Archéologique du Fenouillèdes a permis de répertorier un lot important de vestiges archéologiques. De nombreuses cavités de petites dimensions (failles, abris sous roche, petites grottes) présentent des indices de l’occupation humaine.

La majorité des tessons observés sont très érodés et ne permettent pas une datation précise. Une gaine de hache polie en bois de cervidé peut être rattachée au néolithique. Deux éléments de parure et un fragment de bracelet en bronze torsadé appartiennent à l’âge de bronze.

Dans les années cinquante certains sites ont été fouillés par monsieur Rives qui a transféré ces découvertes au Canada (musée de Trois Rivières). Nous n’avons pas pu avoir la description du matériel prélevé.

mobilier prélevé dans une des cavités du massif 
(entreposé au dépôt archéologique des Pyrénées-Orientales).

le massif de la Tarriere vu depuis la route de Galamus 
(300 mètres avant le parking de l’ermitage).


L'oppidum de Moufri

Dans son bulletin de janvier 1923 la Société d’études scientifiques de l’Aude publie un rapport relatant l’excursion effectuée le 28 juillet 1922 par monsieur Germain Sicard sur l’oppidum de Moufri. Ce site domine les gorges de Galamus au-dessus des falaises en face l’ermitage. Après une approche assez difficile, guidé par le meunier de moulin de l’Agly, le groupe accède à l’oppidum de Moufri. Voici un extrait de ce rapport.

«  Enfin nous arrivons à un col, il y a déjà plus d’une heure que nous marchons dans des terrains accidentés, devant nous s’ouvre la profonde dépression des gorges de Galamus.
A notre droite des pierres amoncelées et éboulées, laissant à leur milieu un étroit passage ; c’est le commencement des défenses de l’enceinte préhistorique de Moufri, connue dans le pays sous le nom de remparts das sarrazis.
Ces ruines se trouvent sur un plateau isolé, escarpé de tous côtés, à l’altitude de 683 m. Les murs cyclopéens qui composent l’ensemble, s’étendent sur une surface d’au moins trois hectares.
Ces ruines devaient être plutôt une cité fortifiée, qu’un simple oppidum, ouvrage de défense, qui protégeait le défilé des gorges.
Le long des avenues, on voit derrière les murs très épais, composés de fortes pierres, grossièrement appareillées, sans aucune trace de mortier, et formant parement de chaque côté avec le milieu rempli de pierrailles, de petites enceintes circulaires de trois à quatre mètres de diamètre, et d’autres compartiments de formes diverses ; tout cela sans doute vestiges d’antiques habitations.
Tous les bords des escarpements sont protégés par des murs pareils mais plus épais que ceux de l’intérieur.

Les fouilles sont très difficiles, pour ne pas dire impossibles et seraient très coûteuses, si on voulait les entreprendre d’une manière efficace, à cause de l’inextricable réseau de racines.

Au sud, à vos pieds, la sortie des gorges, plus loin le panorama de St-Paul de Fenouillet, avec ses collines, ses vignes, ses cours d’eau ombragés, en arrière les blanches constructions des bains de la Fou, masquant l’entrée d’une étroite vallée ; au fond dominant le tout l’imposante masse du Canigou . . . » 

En 1990, les membres de l’Association Archéologique du Fenouillèdes se rendent sur le site. L’accès est effectivement difficile même en passant par Camps sur Agly et le col Den Calve. Sur place nous retrouvons les ruines décrites par Germain Sicard en 1923. Nous prélevons quelques tessons très érodés. Leur facture nous laisse à penser qu’ils dateraient de l’âge du fer. Nous redescendons vers Saint-Paul par la Coume de Tiols.

photo de muraille extraite de : https://dolmen-wordpress-com.translate.goog/oppidum/les-remparts-des-sarrazis/


















 L’oppidum de Moufri vu depuis la route de Galamus à la sortie de Saint-Paul. Sur la droite de la photo : falaise qui surplombe les gorges de Galamus.