Entre l’ermitage Saint-Antoine de Galamus et la collégiale de Saint-Paul (le chapitre) s’instaurent des liens qui finiront par une irrémédiable rupture.

En 1482, les chanoines du Chapitre font don de l’ermitage de Galamus à des Franciscains afin qu’ils y entretiennent leur dévotion (confirmé par la bulle pontificale de 1483 adressée à l’évêque d’Alet).

 

De 1486 à 1494, les Saint-Paulais font des dons de terres pour permettre aux Franciscains de vivre de leur travail.

 

En  1509, la discorde s’installe entre les chanoines et les Franciscains. Le Chapitre est contre le projet d’extension des bâtiments de l’ermitage. Un long procès, qui prendra fin 54 ans après, va opposer ces deux communautés religieuses. Les Franciscains quittent l’ermitage. Un ermite est désigné pour assurer la garde du lieu.


En 1782 une maladie épidémique (la suette) frappe la  cité Saint-Paulaise, on dénombrera 13 morts en quelques jours. Se rendant en procession à Galamus, la population obtint la délivrance du mal. Depuis, en remerciement à Saint-Antoine, le lundi de Pentecôte, les Saint-Paulais et habitants de la région, empruntaient le chemin des pèlerins (par le chemin de la Camparière), chemin de croix reliant le Chapitre de Saint-Paul de Fenouillet à l’Ermitage de Saint-Antoine de Galamus pour assister aux offices religieux.    

Devenu bien national en 1791, l’ermitage est vendu aux enchères. En 1843 les moines s’installent à nouveau à Galamus. Vous pouvez voir sur le chemin d’accès (côté tunnel) la tombe du Frère Pierre mort de faim et de froid durant l’hiver 1870.

 

La statue de Saint-Antoine, en bois polychrome, datée du XVIIème siècle, représenté en robe  de franciscain avec son fidèle compagnon -un marcassin- à ses pieds, a été volée en 1977

(si vous avez des renseignements à ce sujet merci d’en faire part à l’Association Santpanhols).


Le site appartient aujourd’hui au CCAS de Saint-Paul qui en assure la gestion.

La gravure de l’ermitage provient de : Atlas Archéologique des Pyrénées-Orientales 1836; Institut National d’Histoire de l’Art.

 

Le père Palau y Quer

Naissance : le 20 décembre 1811 à Aytona (Lérida) Espagne
Autre nom : Frère François de Jésus-Marie-Joseph
Ordre religieux : Ordre des Carmes déchaux
Vénéré par : Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Décès : le 20 mars 1872 (à 60 ans) à Tarragone Espagne
Nationalité espagnole
Béatification : 24 avril 1988 Basilique Saint-Pierre, Rome, par Jean-Paul II

Fête : 7 novembre, localement le 20 mars


Il entre chez les Pères Carmes Déchaux. En 1840, la révolution en Espagne le décide à s’exiler en France, à Perpignan puis à Montauban. De 1840 à 1842, il se retire fréquemment dans les grottes de l’ermitage de Galamus pour y mener une vie d’ermite. L’ermitage conservait jadis des reliques de la Sainte-Croix, de Sainte Victoire et plus tard du père Francisco Palau y Quer.

En 1851, revenu dans son pays, il reçoit la direction spirituelle du séminaire de Barcelone, mais trois ans plus tard, il doit encore s’exiler à Ibiza, accusé faussement d’incitation à la grève. Cet exil lui permit d’approfondir sa vie spirituelle. En 1860, il fonde à Minorque les Instituts des Sœurs et des Frères du Carmel. Ces deux instituts ont pour mission d’aider, de servir, d’assister à travers le monde les pauvres, les malades, les personnes qui souffrent moralement et physiquement.

Au début de l’année 1872, il se dévoue auprès des malades atteints par une épidémie de typhus. Terrassé par une congestion pulmonaire grave, il meurt le 20 mars 1872 à l’âge de 60 ans.

Ecrivain, journaliste, ermite, fondateur, toute sa vie fut une offrande à l’amour de Dieu et de ses frères.

« Je suis entré dans les grottes
et cavernes des falaises pour
chercher le profond silence qui
règne dans les entrailles de la terre.
Enterrant alors ma vie dans
ces lugubres endroits, mon
esprit trouvant de moins
en moins d’occasions de se distraire
qu’en vivant sur la face
de la terre »

P. François Palau – Ermite à Galamus 1841-1842

Une place, située au chevet de l’église de Saint-Paul de Fenouillet, porte son nom.
Une céramique à son effigie est apposée sur le mur adjacent à cette place.

 

Marie-Joseph Chiron - en religion père Marie

 

Né le 19 novembre 1797 (29 brumaire an VI) à Bourg Saint-Andéol en Ardèche : décédé le 28 décembre 1852 à Notre Dame du Cros près de Caunes-Minervois dans l’Aude.


Ordonné prêtre le 21 avril 1823, il va fonder, le 24 avril 1824, la congrégation de Sainte-Marie de l’Assomption. Aumônier de la prison de Privas (Ardèche), le 1 janvier 1827, il constate que les aliénés(ées) étaient mêlés aux prisonniers, enfermés dans des cachots, fers aux pieds et livrés aux pires excès de la part de leurs geôliers.

Il va alors créer, avec la Congrégation des Sainte-Marie, le premier asile pour femmes aliénées à Privas (le 1 mai 1827). Son œuvre se développe et s’ouvrent successivement des établissements à Clermont-Ferrand (1836), Le Puy en Velay (1850) . . .

 

De nos jours plusieurs établissements hospitaliers psychiatriques dépendent de l’Association hospitalière Sainte-Marie.

 

Pendant 9 ans, le Père Marie va vivre à Galamus.

Le 24 février 1843, seul et sans argent, le Père Marie quitte Privas pour se diriger vers le désert de Galamus, il y arrive le 24 mars 1843. Il porte une longue barbe, marche pieds nus, un bâton noueux en main droite et une grosse croix en main gauche. Ce crucifix va devenir légendaire dans le Roussillon et l’Aude.

 

Fondateur de la Congrégation des Pauvres Frères de Saint-Antoine de Galamus, en mars 1843, il va avec le frère Antoine Bon, maître des novices, accueillir les premiers novices et moines à l’ermitage.

Un emploi du temps rigoureux règle la vie des ermites de Galamus.
-          Le matin, lever à 5 heures pour aller à la tribune de la chapelle pour faire des prières jusqu’à 6 heures
-          de 6 à 7 heures, leçon
-          à 7 heures, messe
-          à 8 heures, travail
-          de 9 à 10 heures, prières dans la chapelle
-          de 10 à 11 heures, leçon
-          à 11 heures, déjeuner
-          à midi, prières jusqu’à 1 heure. Un quart d’heure en extase
-          à 2 heures, vêpres
-          à 3 heures, leçon
-          à 4 heures, complies (dernières prières avant le coucher du soleil)
-          à 5 heures, diner
-          à 6 heures prières
-          à 7 heures, coucher
-          à minuit, matines jusqu’à 2 heures. Se recoucher jusqu’à 5 heures.

Joseph Chiron se repose dans la tribune, couché sur le carrelage, la tête reposant sur une pierre servant d’oreiller.
Il se flagelle deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi à 2 heures du matin avec une corde garnie d’épingles. Pour ceinture, il  porte un fil de fer avec des pointes d’un quart de centimètre. Il ne mange que des légumes une fois par jour.

Pendant neuf mois, d’octobre 1843 au 23 juillet 1844, le Frère Marie va parcourir le département, il prêchera à Millas, Perpignan, Peyrestortes, Força-Réal, Latour de France avant de réintégrer Galamus.
Au cours d’une deuxième sortie, en novembre 1844, il se dirigera vers les monts du Canigou, faisant étape à Ille sur Têt, Saint-Martin du Canigou pour terminer son périple à l’ermitage de Saint-Pierre del Vilar à Claira avant de revenir dans le Fenouillèdes.

Joseph Chiron, épuisé, quitte définitivement Galamus, le 18 juin 1852, et s’installe à Notre Dame du Cros près de Caunes Minervois dans l’Aude ou il résidera jusqu’à son décès le 27 décembre 1852.
Le Frère Marie-Joseph Chiron a contribué à rendre célèbre l’ermitage de Saint-Antoine de Galamus.

Texte réalisé à partir du livre « Les ermites de Galamus » de Jacques Rivière Edition Bélisane, collection Septimanie juillet 1986