"Après" avoir creusé les gorges de Galamus ① dans la bordure des Corbières (chaînon nord du synclinal du Fenouillèdes); l’Agly a entaillé, 5 km au sud, le bord du Fenouillèdes (chaînon sud du synclinal) créant la clue de La Fou ② ; au lieu de suivre des cheminements semblant, aujourd’hui, nettement plus évidents vers la Méditerranée (flèches A et B).

voir page hydrogéologie de Galamus:
http://santpanhols.fr/index.php/galamus/hydrogeologie

Cette clue (ou cluse) est à cheval sur les communes de Saint Paul et de Lesquerde.












 

Les hommes préhistoriques ont fréquenté la clue de La Fou.

Ce crane, considéré au départ comme néandertalien, a été rapproché de l’homo  sapiens du néolithique ancien de type aquitano-méditerranéen par l’anthropologue R. P. Charles en 1964.

En 1849, le Docteur Companyo, naturaliste, conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle de Perpignan, signale la découverte d’un crâne, aggloméré à une gangue ossifère dure, dans une caverne du Bassin de St-Paul-de-Fenouillet (que les eaux ont laissé en se retirant). En 1861, Companyo précise la localisation de cette découverte: « elle est située sur la continuation de la chaîne de Saint-Antoine vers Caudiès-de-Fenouillèdes, à une petite distance de la brisure que traverse l’Agly ».

 

Au début du XXe siècle, Laurent Maurette (préparateur de paléontologie à la Faculté des sciences de Lyon, assistant de Charles Depéret: géologue et paléontologue) passa plusieurs jours à fouiller les grottes et les anfractuosités du chaînon de St-Antoine (au nord de St-Paul). S’il y découvrit une industrie lithique, il ne trouva nulle trace de gangue similaire à celle du crâne. 

 

 

 

Après maintes recherches, Depéret est persuadé que la localisation de cette caverne pourrait être au sud de St-Paul et non au nord, au niveau de la Clue de la Fou où il a découvert une brèche osseuse en tout point identique à celle qui remplit le crâne fossile. Ces brèches osseuses ont été décollées de la paroi rocheuse et emportées par A. Donnezan.
Le Muséum de Perpignan en possède quelques échantillons.
La forte minéralisation du crâne et de la brèche osseuse est due à la présence à cet endroit de la Clue de la Fou d’une source pétrifiante.

 

 

En 1842, dans la carrière de la clue de La Fou, un ouvrier débouche sur une grotte nécropole. C’est celle des Encantades qui contient une vingtaine de squelettes wisigoths. Louis Companyo dans son inventaire, rapporte que chaque squelette avait son petit pot rituel et que l’un renfermait une portion de couronne ducale, plus un étui d’argent. Du mobilier préhistorique y fut révélé. 

Après le passage des Wisigoths, les seuls renseignements que nous ayons sur ce qui se trouve dans, et près de la clue de La Fou, nous sont fournis par la carte réalisée par César-François Cassini sur ordre de Louis XV.Les relevés ont été effectués entre 1756 et 1789. 

 

 
 

Sur cette carte, nous constatons que les bains (actuelle ''buvette'') sont déjà mentionnés. Gensanne les cite aussi en 1778, dans son histoire naturelle du Languedoc.
Nous y voyons le ''Pont de la Fons''. Il s'agit très certainement du pont dit romain. La voie de communication (peu importante car non dessinée) passait alors sur la rive droite de l'Agly. Des vestiges de cette route (percements dans la roche pour insérer des poteaux de rambarde) sont toujours visibles.
L'église Saint Etienne de Derq est déjà en ruine car le clocher est représenté incliné.

Bien plus tard, viendront la route de Lesquerde (fin 19ème), et celle d'Ansignan / Saint Arnac / Saint Martin qui passera sur le nouveau pont.

 
 

Et les fées dans tout ça ?
On ignore l’origine de cette légende qui nous conte qu’elles venaient laver leur linge dans les marmites de La Fou les soirs de pleine lune. Nul homme ne devait assister à cette scène: il aurait péri sous les sorts jetés par les fées offensées.